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Quand notre équipage toucha terre et que le ressac des vagues se fut enfin apaisé, levant la tête, j’ai pu voir une forêt si dense
aux couleurs chatoyantes et aux arbres si hauts que leurs reflets plongeaient dans la mer et se perdaient à l’infini de l’horizon.
Tu vois, je peux le dire maintenant,
C'est peut-être bien de t'avoir quitté avant d'être tout à fait grande.
Napée d'insouciance, j'ai échafaudé des projets éphémères à partager.
Tu avais tissé un chemin aux contours déterminés.
J'ai quitté cette rondeur de vie et suis partie sur ce continent aux couleurs papillons
Où la licorne rythme le temps de ses pas, en écholalie à la cadence de ma nouvelle vie.
Sur les chemins mosaïques, sous l'ombrelle de la lumière, je regarde un peu, j'écoute beaucoup,
Je goûte et hume passionnément, je touche l'infini, je ressens merveilleusement, et je grandis encore...
Tu comprends maintenant pourquoi c'est bien de t'avoir quitté avant d'être tout à fait grande, tout à fait enracinée, tout à fait fanée.
Au coeur de l'été tout en or, je me laissais gagner peu à peu par la nostalgie. Les paupières mi-closes, le rêve prenait sa place, plein de
bruits et de douceur. Le souvenir de ce Tatouille qui voulait parlophoner avec les étoiles, trouver le quelqu'un qui avait besoin de lui, était nouveau là, campé sur ses deux pattes.
Il m'avait trouvée une fois, le chemin était plus aisé à refaire...
Il me fixait de ses yeux exorbités poussés vers l'extérieur par tout l'amour du monde bien serré dans son crâne.
"L'accueillir avec délicatesse il te faudra ; et qu'il est fait pour toi , tu reconnaîtras"... cette phrase sans cesse répétée par un Sage séculaire me remontait à l'esprit, et c'était
vrai.
Je lui tendis encore une fois le pot de caresses qui attendait patiemment sur l'étagère.
Timidement, il commença à s'approcher. Son petit ventre nu faisant des gallipolis à chaque pas ; tout en alerte, trompette et grandes oreilles, extensions de tendresse.
Mon Coeurdamour avait attendu longuement le moment où ce petit diablotin pourrait sortir de la forédeloubli et se glisser dans l'océan frais du Livrapreve.
A nouveau réunis, la Force se défit de son côté obscur : nous fûmes libres !
Attention ça commence, faites place au baltringue,
Bucolique volée de notes bien gaulées.
Dans une ronde folle, dans un énorme tollé,
Parmi les éclats de guerre, le trompettiste flingue
Toutes ces notes qui saoulent, toutes celles qui valdinguent.
Mais quel embout choisir ? Peut-être bien le noir
Celui qui rend hommage à la couleur du soir,
Rythmant entre silences et liqueurs musicales
La sourdine languissante des claquantes timbales.
Quel sujet... Aussi vaste que l'espace compris entre les bras d'un enfant qui les écarte en disant qu'il aime "comme
ça" quelqu'un ou quelque chose, et certainement plus encore...
Il y a bien sûr plusieurs situation d'amour, mais après un temps de pause, je pense que je dirais qu'au fond, il s'agit toujours du seul et même AMOUR. La seule chose qui fait la différence,
c'est la question de la sexualité.
Si l'AMOUR est donc le même, qu'est-il ?
On voit souvent une mère dire à son enfant qu'elle l'aime, le protéger, être prête à lui donner une jambe pour lui rendre la vie plus facile... mais aussi, ceci suivi d'un sentiment d'attente
envers ledit enfant. Elle l'aime, il doit l'aimer. L'amour serait-il monnayable ? Interchangeable ? Y aurait-il des balances à AMOUR, "je t'ai donné tant, tu me dois tant".
Que dire de l'AMOUR dans un couple... De mes petites expériences, j'ai souvent ressenti l'amour comme une aliénation de moi-même ou de l'autre dans une telle relation. On se perd, on se donne, il
est à moi, je suis à lui... Cela ressemble plus à être la chose de quelqu'un, sa propriété. Peu engageant.
Tout ceci, tout le monde sera bien d'accord, n'est pas l'AMOUR. Et pourtant, en observant autour de soi, on on s'aperçoit vite que même décriées, ces types de relations prennent très vite, trop
vite le pas sur une relation d'AMOUR.
Alors ! C'est quoi ? Ben c'est c'est quoi l'AMOUR ?
Pour ma part, c'est avant tout la LIBERTE, celle que l'on donne à l'autre en lui permettant d'être ce qu'il est, sans vouloir le modifier sous prétexte qu'il s'en porterait mieux. Celle aussi que
l'on prend en restant soi-même, au risque de blesser l'autre s'il ne me comprend pas, maintenant.
C'est une GRATUITE totale, juste pour la beauté du geste, sans rien attendre en retour. La meilleure des récompenses reste le plaisir que l'on se fait en parvenant à donner ainsi. Puis le plaisir
vient automatiquement de l'extérieur, une sorte de gratitude naturelle que l'autre ou la situation a envers nous.
C'est le RESPECT de ses ressentis avant de ceux de l'autre.
C'est la TOLERANCE, l'ACCUEIL d'un tout et pas que de fragments avec une BIENVEILLANCE totale.
C'est une CONFIANCE pleine et entière avec la conscience que tout est toujours en perpétuel changement.
C'est une HONNETETE totale envers soi et autrui. Je peux aimer aujourd'hui, maintenant, à cet instant et me donner la permission de reconnaître que ce sentiment peut évoluer à chaque instant,
tant vers un bord que vers l'autre.
C'est une ATTENTION à soi, en permanence. Plus je suis attentif à moi, plus je me connais, plus pourrais être attentif à l'autre.
L'AMOUR est pour moi avant tout un état que je me dois de rechercher en moi. Comment aimer quelqu'un si je ne m'aime pas d'abord.
C'est un mouvement de l'intérieur vers l'extérieur. C'est une expansion de soi qui laisse toute sa place à celui ou celle qui veut s'y lover. Un sacerdoce en quelque sorte.
L'amour est clair comme le jour, l'amour est simple comme le bonjour, l'amour est nu comme la main, c'est ton amour et le
mien... Jacques Prévert.
On le dit... c'est poli ! Mais la politesse doit-elle prendre le pas sur qu'on dit en conscience ?
La question m'est venu alors que, dans un groupe où certains membres s'échinent à faire passer le message d'incitation à la participation de tous dans des projets divers, l'ensemble des personnes
se positionnent régulièrement en "consommateurs" et non en "acteurs".
Quand il arrive qu'une de ces personnes réponde "présente" à une sollicitation explicite, on s'empresse de lui dire à tour de bras "MERCI, MERCI BEAUCOUP D'ETRE VENU, DE NOUS AVOIR AIDE..."
Et ma question se pose...
Si on veut installer une action dans l'esprit de coopération, pourquoi dire merci à tout va alors que toutes les parties travaillent à atteindre, en équipe ou individuellement, un même
objectif. Quand j'atteinds mon objectif, qui profite à l'autre également, dois-je être remerciée d'avoir tout mis en oeuvre pour l'avoir fait ?
Dans une famille nombreuse, les parents doivent-ils se fendre de remerciements envers leurs enfants qui mettent la main à la pâte en faisant la vaisselle, en mettant leurs linges sales dans la
panière... ou bien incitent-ils leur progéniture à trouver leurs actions simplement coopératives, et normales pour le bon fonctionnement de la famille ?
A dire toujours merci, n'éloigne-t-on pas l'esprit de COOPERATION des esprits ?
J'ai déjà eu cette discussion au sein d'un petit groupe de réflexion autour des valeurs (http://www.livingvalues.net/francais/accueil.htm) ; un des points qui est sorti fut la différenciation entre le service rendu, auquel notre
société répond en remerciant et la coopération qui entraîne une expression de la satisfaction générale mais pas nécessairement le traditionnel merci !
Il y a quelques semaines, j'ai séjourné chez une famille marocaine, à Fès. Entre autre chose, j'ai été intéressée de voir qu'aucun membre de cette famille de 6 personnes, toutes très
respectueuses et aimantes, ne se dit jamais le fameux mot merci que nos parents occidentaux souhaitent apprendre avec acharnement à leurs chérubins, et qui prouve sans conteste, qu'ils sont "bien
élevés".
Ma conclusion en sera donc que les MERCI que je pourrai dire dans l'avenir le seront de façon consciente, et si je veux seulement spécifier mes sentiments de satisfaction de voir certains
coopérer avec moi, je le leur dirai chaleureusement, mais en omettant ce mot que je trouve vidé dangereusement de son sens, alors qu'il est si fort pour moi !
"Dieu t'a offert 86400 secondes aujourd'hui. En as-tu utilisée une pour dire merci ?"
William Arthur Ward
"Il faut remercier les hommes le moins possible, parce que la reconnaissance qu'on leur témoigne les persuade qu'ils en font trop"
Benjamen Constant
L'ECRITURE ?
Les racines ignorent tout en vérité de qu'est ce lien qui nous rattache aux mots, qui nous transforme en soldats de misère, en proie au souvenir cru qui
jure son oubli, et qui griffe les lignes des semis où le sol, recouvert de pelures de gomme, attend avec espoir les premières pousses de l'imagination.
C'est la sueur qui arrose et nourrit les sillons qui accueilleront ces phrases, plus tard,
quand le trou noir aura laissé sa place à la clarté d'un nouveau jour, à la lueur des plumes fébriles et loquaces.
Inventeurs incessants qui luttent pour survrivre et qui soupèsent, au gramme près, la douceur jetée sur le vélin, taches d'encre et douleurs, pour
enfin accoucher de ses rêves interdits ou à peine dissimulés, poésie pure, innocente ou violente, source de vie bien méritée, souffle animé de l'expression profonde qui sous tend le geste de nos
mains.
C'est bien ainsi que nous sommes, face à nos cahiers, tels des orfèvres inspirés, manipulant avec délicatesse, et frénésie parfois, leurs
ciselets.